LES OASIS ACQUIÈRENT
UN STATUT INTERNATIONAL
LUC HOFFMAN
Président de la Fondation de la MAVA
et vice-président émérite du fonds
Mondial pour la Nature (WWF)
L’Algérie est restée pendant longtemps plutôt timide
pour l’application de la convention de
Ramsar dans son pays.
Dans les quatre dernières années elle est
non seulement sortie de cette timidité mais s’est développée en
pionnier et leader des activités de conservation des zones
humides dans la région Afro-méditerranéenne. La désignation
record et inégalée de quarante sites en l’espace de quatre années
en est le témoignage. Elle a initié la classification de réseaux
d’eaux souterrains qui n’apparaissent en surface que dans les
oasis. Un immense réservoir d’eau douce resté jusqu’à présent
sans protection et sans reconnaissance internationale accède ainsi à un statut international et à une protection absolument vitale
pour les pays arides.
C’est pourquoi je suis fier et heureux de pouvoir préfacer ce quatrième
atlas qui m’a permis de découvrir un autre aspect de cette étonnante
diversité des zones humides en Algérie à travers une nouvelle série de
seize sites parmi les plus beaux et les plus originaux. Ce voyage à travers
sept wilayates d’Est en Ouest et du Nord au Sud montre l’importance de
certaines zones de l’Ouest et du Sud-ouest algérien pour l’accueil
d’espèces aussi intéressantes que le Tadorne casarca, le Flamant rose, le
Fuligule nyroca dans une région aride où il était difficile d’en prévoir la
présence et encore moins la nidification, et la Sarcelle marbrée nichant
sur un minuscule plan d’eau.
Enfin, cette publication, témoignage d’une collaboration régulière et
fructueuse entre une Partie contractante de la Convention Ramsar,
l’Algérie, une ONG partenaire, le Fonds Mondial pour la Nature
(WWF – International), à travers son Programme Eaux Vivantes et la
Fondation MAVA pour la Conservation de la Nature, contribuera, j’en
suis sûr, à mieux faire connaître les zones humides algériennes et
aboutira à la mise en place d’une véritable politique nationale
permettant à l’Algérie de tenir comme il se doit ses engagements envers
la Convention de Ramsar.